Comment M. Fuji est-il au laboratoire en tant qu’enseignant ?

 

– J’aime l’école. J’aime enseigner. Mais je ne sais pas si je fais de la recherche ou si je fais la fête. J’ai un étudiant hollandais en troisième année, qui s’appelle Thijs, qui était « volant = pommé (cf. der Fliegende Holländer) » en deuxième année de Master à Utrecht et qui est venu chez moi. Trop mignon. Il a trop fêté chaque vendredi soir et, chaque lundi matin, il envoyait un mail à tout le monde à l’IPGP : « je suis désolé mais j’ai perdu mes lunettes. Y a-t-il quelqu’un qui les a récupérées ?? » Il perdait tous les trucs possibles chaque semaine alors il est devenu super connu ! Même si j’étais réputé fêtard dans la maison, tout le monde m’a dit que mon étudiant était pire que moi, hahaha. Et pour son futur, j’ai fait comme Bob, et je lui ai demandé : « alors, tu fais ta thèse ? Ou tu veux faire autre chose ?? » Aucune réponse claire n’était venue à ce moment-là. Très récemment, Thijs a fait un exposé lors d’une conférence internationale. Bien qu’il soit toujours sympathique et dynamique, il est devenu soudainement très calme ou même presque inquiet, en disant : « je ne peux pas ». Je commençais moi-même à m’inquiéter et n’avais plus envie d’aller dans la salle de conférence pour l’écouter. Alors vous savez quoi ? Sa présentation était parfaite, tellement parfaite que j’ai dû lui dire que j’étais impressionné. Il m’a répondu comme si tout était normal : « c’est ma stratégie, tu sais ! Tu n’as plus beaucoup d’attentes, tu me donc félicites dans tous les cas. » Monsieur dernière minute ! Monsieur stratégie ! Je sais bien que tu le fais bien ! Mais moi, je ne peux pas lui dire : « non mais s’il-te-plaît, Thijs, ne peux-tu pas être plus régulier pour ne pas m’effrayer comme ça ? » Car moi aussi, je suis monsieur dernière minute.

 

Les chercheurs devraient-ils apprendre l’alchimie ?

Obtenir de l’argent pour réaliser ses souhaits – c’est une des techniques que doivent apprendre les chercheurs. Pour comprendre comment obtenir des financements, il vaut mieux savoir ce qui se passe dans les coulisses.

 

– Pour apprendre la politique, comment le futur de l’Institut est décidé, qui recruter, sur quel sujet se concentrer, j’ai candidaté au conseil scientifique du laboratoire. En fait, je n’aime pas trop les réunions, j’ai tout de suite envie de partir. Or j’apprends des choses : « c’est comme ça qu’il faut s’exprimer pour espérer gagner quelque chose ». Honnêtement, c’est limite fatiguant mais j’ai commencé à obtenir un peu de sous par-ci par-là, donc ce n’est pas si mal en fait.

 

M. Fuji dans une réunion politique, qu’il n’aime pas forcément. En tous cas, c’est un chercheur rigoureux. Qu’est-ce qui lui plaît en tant que chercheur maintenant ?

 

– Quand j’écris mon projet, je projette d’avancer ma recherche pour les dix ans qui viennent. Comment ? Avec qui ? Je profite beaucoup de ce temps. Mon problème perso, c’est que je ne peux pas finir. Je commence quelque chose car c’est intéressant, mais dès que je vois la direction, je perds l’intérêt. Je commence à travailler avec les étudiants et dès que ça commence à marcher, je vois le développement de loin. J’adore voir comment se développent les étudiants et les projets mais mon problème, il est là : je ne peux aller jusqu’au bout. C’est vraiment une mauvaise habitude. Même en musique, j’ai plein de morceaux dont je ne peux pas finir les compositions, ça se trouve dans les répertoires dans mon ordi. Il me faut, quelques soient les pressions extérieures, une date limite.

 

M. Fuji qui n’aime pas finir. Ne faut-il pas ajouter des « finales » pour la composition ainsi que les études en réalité ? Encore la même question. Pourquoi ces deux choses qui lui plaisent ?

 

– Vraiment par hasard. Par hasard, j’ai commencé le basson, car il y a eu une place pour moi. Quelque soit l’instrument, quelque soit l’étude, ça m’était égal. Mais en tout cas, le basson et la sismologie, ce sont mes armes et mes outils. Je veux continuer les deux pour consacrer mon énergie à ce que j’aime faire !

 

Alors, pourquoi Paris ? La France est-elle un pays accueillant pour lui ?

 

– Très facile à vivre. Cette année, on m’a invité à l’Earth Research Institute (ERI) de l’Université de Tokyo pour les mois de juillet et août mais je n’allais pas très bien les premières semaines au Japon. « J’étais sûr que tu étais là car j’ai entendu ton rire dans le couloir ! » me disait-on souvent et c’était sympa, mais dans la ville j’étais mal à l’aise. J’ai senti quelques barrières et limites invisibles, en me disant : « il ne faut peut-être pas exagérer… » Les gens en géophysique au Japon se moquent de moi « Halala, Nobu le taré est de retour, hahaha » alors que les Français me disent que je suis parfois plus français qu’eux…

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