« L’instrument et la sismologie sont mes armes, mes outils. Je peux consacrer mon énergie à ce que j’aime faire. »

L’interviewé : Nobuaki Fuji
L’enquêteur : Yuichi Ejiri
Les éditrices : Keiko Toyama, Haruna Tanaka
Traduction : Nobuaki Fuji (corr. Geneviève Moguilny)

Fuji Nobuaki-san
« Il est devenu hyper pirate ! On ne s’était pas vu depuis quelques temps, et il est devenu pirate ! J’insiste pour qu’on lui fasse passer un entretien ! » nous écrivit avec grand enthousiasme Lanterne (surnom de Haruna Tanaka), normalement toujours calme et sereine, qui s’empressa d’organiser une interview. Elle ajouta : « Les gars, dépêchez-vous ! » Naturellement, nous étions impatients. Quand les choses marchent, tout marche à un instant. M. Fuji était en vacances à Tokyo pour Noël et se déplaçait vers la région de Kansaï (la partie ouest). Nous avons alors réussi à réaliser l’interview avec lui le dernier mois de décembre de l’ère Heisei (le 30 avril 2019, l’Empereur Akihito abdiquera).

Le premier contact avec M. Fuji était comme un sketch. Il n’y avait pas beaucoup de monde dans l’hôtel où nous nous sommes donnés rendez-vous. Le salon donnait sur une jolie cascade dans un jardin japonais, qui paraissait être une installation artistique d’eau qui tombe à un rythme régulier… Cet instant agréable a été interrompu par la légère vibration d’un smartphone. « Excusez-moi mais je suis un peu perdu. » C’était M. Fuji qui me l’écrivait. « Faut-il entrer dans l’hôtel ? » Euh, pardon mais vous allez ailleurs ??

 

Et après un court instant, un homme portant une écharpe de la tête au cou est apparu, avec l’étui de son instrument sur le dos et une grande valise roulant lourdement – c’était M. Fuji.

 

– Je suis maître de conférences à l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP). J’encadre quelques étudiants en Master et en thèse. J’enseigne même les mathématiques en première année de licence, ce qui n’est pourtant pas ma spécialité. J’habite Paris depuis 2012, ça fait donc déjà 6 ans. J’aime toujours la musique et je joue du basson depuis ma licence. Mon vrai métier est sismologue mais quand on m’appelle, je vais jouer et ça m’arrive que l’on me paie pour ça.  



Il a créé un orchestre au boulot juste après son recrutement !


– J’avais même écrit dans mon CV que je composais, jouais du basson, ce qui ne sert à rien pour le concours d’entrée à l’IPGP, alors quand j’ai été embauché, le directeur m’a appelé dans son bureau et m’a dit « ne suis surtout pas la tradition de cette maison mais apporte ce que tu toi tu as. » J’ai naturellement pensé aux différentes manières de mener ses recherches mais quand je suis sorti de son bureau, il a ajouté : « ah, mais au fait, ici à l’IPGP, on n’a pas encore d’orchestre ! » Je me suis dit : « wow, d’accord, ça aussi, c’est cool ! » et j’ai créé l’orchestre.

 

C’est un orchestre « incongru » comprenant des chercheurs, des étudiants et des personnels de l’Institut. Les niveaux sont très différents. C’était très compliqué de trouver ne serait-ce qu’un créneau par semaine pour répéter. Le temps passait et il a amené ses amis musiciens d’un autre orchestre symphonique d’amateurs de haut niveau, pour compenser le manque du temps pour les concerts. Cela a augmenté le niveau et la motivation de l’orchestre, qui mélange maintenant des musiciens variés de l’intérieur et de l’extérieur de l’établissement.

 

– On peut faire quelque chose d’intéressant, me suis-je dit. Quand on trouve du temps libre, on se réunit dans l’amphithéâtre de l’IPGP et on fait de la musique expérimentale, en fabriquant des sons bizarres, en jouant librement ce que l’on pense spontanément en regardant des figures. Puis j’ai commencé à partager des vidéos sur YouTube.

 

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